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Traditionnellement, dès le 15 juin, voire même
certains week-ends de mai, les postes de surveillance ouvrent sur les
plages de la façade atlantique. Mais, cette année ils sont presque tous
fermés.
Dans de nombreuses communes du littoral, l'Etat n'a pas
souhaité mobiliser ses effectifs de CRS-MNS (maîtres nageurs) avant le
1er juillet. Une décision, qui révolte de nombreux maires en Gironde
notamment. Compte tenu des dangers de l'Altantique, ils craignent que
les accidents graves se multiplient, dès l'arrivée des beaux jours.
« L'Etat nous a refusé la trentaine de CRS MNS (maîtres nageurs
sauveteurs), chefs de postes de secours et adjoints que nous
réclamions, alors qu'ici l'océan est dangereux avec les baïnes (courant
violent qui attire au large le nageur) », s'insurge Henri Sabarot, le
maire sans étiquette de Carcans, en Gironde. La nouvelle est tombée
comme un couperet, il y a à peine quinze jours. « Et, nous n'avons pas
le temps de nous retourner. Il faut minimum trois ans de pratique à un
CRS pour être chef de poste », peste Michel Sammarcelli, le président
du Syndicat à vocation unique pour la surveillance des plages
girondines.
Résultat, fautes d'effectifs, de nombreuses plages
seront sans surveillance, notamment en Gironde, à La Teste, Le Porge,
Hourtin, Carcans en juin et en septembre. A Lacanau, une station
balnéaire connue dans le monde entier, seul un poste de secours sur
quatre sera ouvert. « Nous craignons des problèmes, car la base
hélicoptère de Lacanau ne sera pas ouverte avant le 1er juillet. Les
délais d'intervention seront allongés de dix minutes », regrette Michel
Sammarcelli. Or, « en cas de noyade, si des soins ne sont pas prodigués
dans les dix minutes, on passe du stade 2 au stade 4, c'est-à-dire le
coma », rappelle t-il, avec gravité. « Il y a des risques majeurs. La
sécurité ne sera pas assurée sur les plages et cela aura aussi des
conséquences sur le tourisme », se désole Jean-Michel David, le maire
de Lacanau. Car, chaque été, l'activité des 85 CRS mobilisés sur la
côte girondine est importante. En 2007, ils ont ainsi secouru 1 344
personnes, et déploré trois morts. Selon l'Institut national de veille
sanitaire, l'Aquitaine, à elle seule, concentre 15 % des noyades et 8 %
des décès enregistrés chaque année en France. Afin d'éviter tout
incident, à Tarnos, dans les Landes, le maire, Jean-Marc Lespade, dont
la responsabilité est engagée en cas d'accident, a préféré interdire la
baignade sur ses plages en juin et en septembre.
« Pourquoi la
surveillance commence le 1er juillet, un mardi, alors que les touristes
vont arriver le week-end ? Il s'agit d'une décision absurde de
technocrates », dénonce Henri Sabarot, en colère. Et, « ce n'est pas
pour faire des économies. Ce sont nos communes qui prennent en charge
le surcoût, lié à l'hébergement, et le transport de ces CRS »,
renchérit Michel Sammarcelli, le maire de Lège-Cap Ferret. Selon lui,
la « vraie » raison est ailleurs. « La ministre considère que ce n'est
pas leur travail ». Surtout, que dans les trois ans à venir, 6 000
postes vont être supprimés dans la police nationale, dans le cadre de
la révision générale des politiques publiques. Michel Sammarcelli
craint donc que ce soit l'une des dernières années, où les CRS sont
présents l'été sur les plages françaises. En attendant, faute de mieux,
les maires de la côte girondine vont donc lancer une campagne
d'affichage pour prévenir les baigneurs des dangers de l'océan
atlantique.
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