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PLAGES. L'effectif de CRS diminue de moitié cet été, les maires rechignent à activer les dispositifs de surveillance dès l'avant-saison
Une bonne partie de l'avant-saison pourrait se
passer sans surveillance des plages océanes. Samedi, à Lacanau, plage
sud, deux touristes venus de Malte, ont échappé de peu à la noyade.
Après avoir été emportés par un courant de baïne, ils sont parvenus à
rejoindre seuls le rivage. En état de choc, ils ont été récupérés sur
le sable par les pompiers et les gendarmes.
Cette année, alors
que le contingent des MNS-CRS a été réduit d'environ 50 %, les
sauveteurs nautiques « civils », qui patientent pour prendre leur
service, s'attendent au pire.
Certaines plages, comme Carcans,
Hourtin, Le Porge, n'activeront leurs dispositifs de surveillance que
fin juin, voire le premier week-end de juillet, avec l'arrivée des
fonctionnaires de police.
Lacanau a fait un petit effort en prévoyant l'ouverture de son poste
central, à partir du samedi 13 juin. Il sera tenu par des sauveteurs
civils. Mais ses trois autres plages n'ouvriront que début juillet. Les
communes de Soulac et Vendays-Montalivet font figure de bons élèves, en
ouvrant un poste le samedi 6 juin.
Chacun dans son coin
Malgré
l'existence d'un Syndicat intercommunal à vocation unique en charge de
la surveillance des plages de Gironde (lire ci-dessous), les stations
balnéaires engagent la saison en ordre dispersé. Du nord au sud, sur ce
chapitre, pas de politique commune. Sur le plan touristique, et dans
une période économique qui s'annonce difficile pour ce secteur
d'activité, le message a du mal à passer.
Les campings du
littoral et l'ensemble des acteurs économiques de la saison vont devoir
expliquer aux vacanciers que la baignade « est à vos risques et périls
». En terme de communication, « on ne pouvait pas faire pire »,
commente un commerçant de Lacanau.
Alors que certains maires
semblent vouloir engager l'épreuve de force avec l'État pour garder les
MNS-CRS, les plages peuvent-elles être surveillées sans la police ?
Dans le milieu des sauveteurs, la question fait débat depuis un moment.
Une troisième voie ?
À
Vendays-Montalivet, la commune travaille avec la SNSM (Société
nationale de secours en mer). Jeannot Peisino, élu en charge de la
sécurité et représentant local de la SNSM, indique que tout se passe
bien sur ses deux plages : « Lorsque nous avons un problème de
délinquance, le chef de poste appelle les gendarmes. »
Mais dans
d'autres communes, les élus semblent tenir à la double étiquette des
MNS-CRS. Ils assurent le travail de police et d'encadrement des postes.
Visiblement, ils ne veulent pas de changement. Toujours à Montalivet,
François Cros, le patron du camping naturiste CHM de Montalivet, évoque
son dispositif constitué d'une quinzaine de sauveteurs civils. « Nous
avons deux baignades sur une plage qui rassemble parfois plus de 10 000
baigneurs. Nous avons investi dans du matériel d'intervention. Les
bilans sont positifs. »
José Monnier, le chef de plage du CHM,
fait état d'un noyau d'anciens, qui passent leur savoir aux plus
jeunes. Au passage, le MNS évoque la situation du sauvetage en Gironde.
« À force de casser les dispositifs, celui des pompiers il y a dix ans,
et les MNS-CRS aujourd'hui, c'est aussi une chaîne d'expérience qui est
mise à mal. Il est possible que les communes du littoral soient
obligées de recruter des professionnels à l'année, qui seront chargés
de préparer la saison de sauvetage. »
Une option qui, dans
certaines communes, se murmure déjà. Le temps d'un nouveau modèle, où
les diverses compétences locales seront encouragées, est peut-être venu.
L'an
passé, il craignait que leur nombre ne chute de 50 % (1). L'avenir lui
a donné raison. Cette année 40 CRS, contre 80 en 2008, seront affectés
à la surveillance du littoral girondin. Pour Michel Sammarcelli, maire
de Lège-Cap Ferret et président du Syndicat intercommunal à vocation
unique en charge de la surveillance des plages de Gironde (1), la
question cruciale porte sur le commandement des postes de secours.
«
Le littoral girondin est surveillé par des CRS et des MNS civils.
Certaines communes font appel à la SNSM (Société nationale de secours
en mer), rappelle-t-il. Les commandements de postes sont généralement
assurés par un CRS avec un ou deux adjoints. Le complément est fait
avec les civils. »
Ancienneté et expérience
Et l'édile d'expliquer pourquoi la présence d'un CRS à ce poste-là est requise.
«
Pour être chef de poste, il faut trois ans d'ancienneté et de
l'expérience. Les civils que nous accueillions sont des étudiants qui,
au bout de trois ans, ne reviennent plus travailler sur les plages. Et
actuellement, il n'existe pas de module de formation complet pour être
chef de poste. Les CRS, eux, ont cette formation. »
Une formation
qui inclut aussi, comme l'explique Michel Sammarcelli, le volet
juridique. En effet, en cas d'accident mortel dans une zone de baignade
surveillée, deux personnes sont mises en examen : le maire et le chef
de poste.
La spécificité Girondine
« Nous avons
essayé d'expliquer à Paris que le littoral Girondin ce n'était pas
Porticcio. Qu'ici, les baïnes et les marées généraient des risques
importants. » Un message qui ne semble pas être suffisamment passé au
goût des maires. Lesquels, pour une grande part,d'ailleurs, faute de
moyens humains et financiers, n'assurerontpas la surveillance de leurs
plages qu'en juillet et en août. Date de la présence des CRS.
Déjà,
l'an dernier, de nombreuses plages avaient supprimé la baignade
surveillée en juin et septembre. « À Lège, deux postes sur trois et
demi seront assurés », poursuit Michel Sammarcelli, qui reconnaît
pourtant que, dans une commune comme la sienne, cela n'a pas beaucoup
d'impact sur la fréquentation.
(1) Lire « Sud Ouest » du 13/09/2008
Auteur : julien lestage
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