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Attention, plage non surveillée, baignade à vos risques et périls !
Ce genre d'avertissements risque de se multiplier aussi bien sur
l'Atlantique que sur la Méditerranée. Car pour la deuxième année
consécutive, il n'y aura pas de CRS-MNS pour surveiller les baignades
en ce mois de juin, ni au mois de septembre. Quant aux effectifs de
juillet-août, ils vont être sérieusement revus à la baisse. Ils étaient
647 en 2007 pour l'ensemble des côtes françaises. Ils n'étaient plus
que 603 en 2008, et le chiffre va tomber à 495 cet été !
L'an dernier, la ministre de l'Intérieur avait justifié la baisse
par la mobilisation des forces de police en raison de la présidence
française de l'Union Européenne. Cette année, Michèle Alliot-Marie
explique que « dans le contexte général de révision des politiques
publiques », elle « privilégie un recentrage des activités des forces
de sécurité intérieure, dont les CRS, sur leur cœur de métier : la
tranquillité publique et la lutte contre la délinquance ». Pour l'élue
de Saint-Jean-de-Luz, « le secours en mer s'inscrit dans une logique
différente, puisque tout titulaire d'un Brevet national de sécurité et
de sauvetage aquatique peut l'assurer ».
Expérience nécessaire
Cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes aux maires des
stations balnéaires. « Les petites communes qui ont de grandes plages
n'ont pas forcément les moyens financiers de faire face. Il y a aussi
un problème de recrutement pour remplacer les policiers, même si la
Société Nationale de Sauvetage en Mer prend en partie le relais »,
souligne Michel Sammarcelli, maire UMP de Lège-Cap-Ferret et président
du Syndicat des communes du littoral girondin.
« Le plus difficile est de remplacer les chefs de postes, qui
doivent avoir une vraie expérience de plusieurs années, ce qui est
rarement le cas des civils. Il s'agit souvent d'étudiants qui arrêtent
à la fin de leurs études », ajoute-t-il. « Nous avons énormément
d'interrogations sur les horaires, les salaires, les modes
d'hébergement des civils et leur niveau d'expérience. Et évidemment,
ils n'ont pas le pouvoir de police des CRS », ajoute son homologue
landais, le maire de Messanges Hervé Bouyries.
« La présence des CRS apporte de la tranquillité et de la sécurité
en dissuadant un certain nombre de comportements : drogue,
exhibitionnisme, incivilités ou même bagarres », plaide Paul Le
Guennic, secrétaire général-adjoint de l'UNSA Police Syndicat Unique. «
Nous avons recueilli l'été dernier 200 000 cartes postales d'estivants
et d'élus dans le cadre de notre campagne pour conserver les CRS-MNS »
rappelle-t-il.
L'an dernier, l'absence de surveillance en juin et septembre n'a pas entraîné d'accidents de baignades supplémentaires.
Mais la météo déplorable avait découragé les baigneurs de se jeter à
l'eau au mois de juin. Tandis que cette année, la chaleur est déjà au
rendez-vous de juin.
ladepeche.fr - Publié le 31/05/2009 08:27 | Pierre Sauvey
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