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Samedi soir, 19 h 30, le sous-brigadier Cyrille Souvais ne s'imaginait pas l'aventure qu'il allait connaître, alors qu'il était en train de fermer le poste de secours de la plage des Océanides, au sud de Capbreton. Le drapeau rouge hissé toute la journée, signe de baignade interdite (en place depuis deux jours d'ailleurs) était baissé et annonçait la fin de la surveillance. « J'ai alors repéré trois personnes en difficulté au sud de la plage et à 100 mètres du bord », explique le CRS après coup. « Il y a un trou à cet endroit, provoquant, lorsque la vague repart, un phénomène d'aspiration. »
Philippe Franck, vacancier originaire de l'est de la France, et son fils, ainsi que deux autres vacanciers, de 14 ans et d'une quarantaine d'années, se débattent dans l'eau. Alors que le fils de Philippe réussit à sortir tout seul, les trois autres ont du mal à résister aux forts courants. Philippe ne connaissait visiblement pas les consignes de baignade, ignorant notamment les tranches horaires de surveillance des plages. « Les vagues n'arrêtaient pas de nous ramener dans un creux, nous n'arrivions pas à revenir au bord et je commençais à boire la tasse et avoir des crampes. »
Heureusement pour eux, non seulement le sous-brigadier les a
remarqués mais, coup de chance, Lou, maître-nageur civil, alors en
repos, passait là par hasard. « Je suis d'abord parti à l'eau secourir
M. Franck, relate le CRS. Cinq minutes après, Lou est venue secourir le
vacancier de 14 ans. » Une fois Philippe Franck ramené sur la plage, le
sous-brigadier est reparti à l'eau aider Lou à sortir les deux autres
victimes.
Mettre sa vie en danger
L'intervention a
duré entre 15 et 20 minutes. Pas le temps de tergiverser. Clémentine,
la soeur d'un sauveteur, a assuré le lien téléphonique. Face à
l'urgence de la situation, le sous-brigadier n'a d'ailleurs pas hésité
à mettre sa propre vie en
danger. « Les conditions étaient vraiment difficiles, je suis sorti de l'eau au stade 2, à savoir un début d'inhalation d'eau,
des nausées et des maux de tête. »
Philippe Franck était au stade 3, hélitreuillé sous oxygène à l'hôpital de Bayonne où il est resté pendant deux jours. Les
deux autres vacanciers, au stade 1, sont rentrés chez eux après une bonne frayeur. « Jean-Pierre Dufau, le député-maire
de Capbreton, a téléphoné lundi pour me féliciter, ainsi que l'ensemble des bénévoles. »
La semaine dernière, la plage des Océanides a été particulièrement dangereuse avec un total de 50 victimes et de 35
interventions, la plus grosse semaine pour l'instant d'après le sous-brigadier, habitué des lieux puisqu'en poste depuis cinq
ans.
L'occasion d'appeler à la plus grande vigilance : la baignade n'est
autorisée qu'entre les deux drapeaux bleus, pendant les horaires de
surveillance, de 9 heures à 19 heures.
Auteur : Fabien Rabatel
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