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Un samedi matin comme un autre à la plage du Penon à Seignosse.
Effervescence dans le poste de secours, il est à peine 9 heures du matin. Ivan Rabbet, le chef des plages de la commune, rassemble les maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) participant à un entraînement spécial. Cinq équipes issues des cinq postes (les Estagnots, VVF, les Bourdaines, le Penon et les Casernes) vont s'affronter dans une course au sauvetage. Chacun a son brancard, son paddle board - c'est une longue planche -, une bouée tube, un filin, des palmes et le matériel de sauvetage, trousse de secours et oxygénothérapie. Des fausses victimes se mettent à l'eau, attendant d'être sauvées. « Le but, c'est de se donner, le classement n'est pas intéressant », conseille Ivan, avant le départ.
À ses côtés, se tient Edgar Maurincomme, fraîchement élu à la ville de
Seignosse et responsable des 6 km de plages. De fait, l'homme est un
ancien CRS avec 30 saisons en tant que maître-nageur sur Seignosse,
chef de plage il y a encore deux ans. « Nous avions déjà cette
politique d'entraînement tous les dix jours. Si nous n'organisons pas
ce type
d'événement, on ne se voit pas. » La corne de brume retentit, c'est
parti ! Les cinq équipes entament au pas de course un parcours dans le
sable, avec passage obligatoire en haut de la dune côtière, bonjour les
mollets. « Seignosse compte en
juillet et août 29 MNS dont 14 CRS, explique Edgar. Je m'occupe aussi
du recrutement des civils. La plupart sont des étudiants et j'essaie de
privilégier la proximité. Trois d'entre eux sont d'ailleurs
seignossais, un habite Saint-Martin-de-Seignanx et un autre
Bénesse-Maremne. »
Le retrait des CRS
La conversation dérive forcément sur le retrait progressif des CRS
sur les plages françaises. « Nous avons le souci d'offrir une plage
sécurisée, le fait d'avoir une fonction de police rassure les
municipalités pour trois raisons : c'est une forme de dissuasion, le
CRS arrive plus facilement à faire obtempérer les gens et il peut
dresser des procès-verbaux », explique l'élu, prêchant pour sa
paroisse. « Les civils, il en faut. Nous avons ici une parfaite osmose
entre ces deux formes de MNS. » Pour info, trois CRS sont en poste aux
Estagnots, aux Bourdaines et aux Casernes, ils sont cinq au Penon et
absents de la plage des VVF.
Les participants arrivent finalement à extirper d'un océan
capricieux les fausses victimes. Retour au poste où a lieu un tirage au
sort pour déterminer les maux dont souffrent les sauvés (malaise,
réanimation cardio-pulmonaire...). « Si l'an prochain, nous avons trois
CRS en moins, nous devrons compenser par l'embauche de cinq civils »,
continue Edgar, se
justifiant par la différence d'heures de travail pour des frais
équivalents, 50 heures par semaine chez les CRS et 35 heures +3 heures
supplémentaires, côté civils. « Je pense qu'il faudrait au moins deux
CRS sur chaque plage, j'espère que l'Etat va s'en rendre compte. »
L'entraînement se termine, tous ont droit aux mêmes conclusions : la
condition physique est bonne mais attention au secourisme, surtout au
niveau des gestes.
Auteur : Fabien Rabatel
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