|
LITTORAL ATLANTIQUE. - Les effectifs des CRS MNS pourraient diminuer de 10 % cette année. Élus et syndicats de police plaident leur cause et s'inquiètent de la transition pour cet été
Tel un vieux serpent de mer, chaque veille de saison estivale, la question du retrait partiel (ou total) des CRS maîtres nageurs sauveteurs sur les plages du littoral revient sur toutes les lèvres. Une antienne qui, en 2008, est toutefois prise très au sérieux. Par les policiers, mais aussi les élus des stations balnéaires concernées. Car le gouvernement l'a annoncé : en trois ans, 9 500 emplois seront supprimés dans la sécurité, dont près de 6 000 dans la police nationale.
Cette annonce, faite lors de la présentation de la révision générale des politiques publiques (RGPP), suscite donc une grande inquiétude au sein de la maison police (lire par ailleurs). Les maîtres nageurs chez les CRS pourraient être les premiers à faire les frais d'une réduction de dépenses, cheval de bataille de l'Élysée.
« Pas de solution de rechange ». Chaque été, ils sont
près de 600 à surveiller les plages de l'Hexagone, dont 235 pour 71
postes de secours, sur la côte atlantique, de La Rochelle à Hendaye.
Leurs
missions débutent le 15 juin pour s'achever le 15 septembre. En janvier
dernier, Michel Sammarcelli, maire de Lège-Cap-Ferret et président du
Syndicat intercommunal à vocation unique (chargé notamment d'organiser
la sécurité sur les plages), s'est rendu à Paris accompagné des élus de
Soulac, Carcans et Lacanau. « Si nous pouvons comprendre la décision de
retirer les CRS des plages, il est irréaliste de le faire du jour au
lendemain car nous n'avons pas de solution de rechange », avaient-ils
avancé devant Michel Delpuech, directeur de cabinet de la ministre de
l'Intérieur.
« Nous avons attiré l'attention sur la spécificité de
la côte aquitaine et notamment de celle de la Gironde car le phénomène
des baïnes est très local », rapporte Michel Sammarcelli. « Quand on a
besoin de CRS pour la dangerosité des plages chez nous, je ne suis pas
certain que l'on ait besoin des mêmes à Porticcio, en Corse. »
« Une vitrine ».
Dans un premier temps, l'État a évoqué la possibilité de réduire la
durée de surveillance du 1er juillet au 31 août et de diminuer de 10 %
les effectifs des CRS MNS. « Le problème, c'est que l'on ne pourra pas
remplacer les CRS par des civils, car nous avons de gros problèmes de
recrutement. Il est regrettable et dangereux de toucher au service
public, mais pour l'instant nous sommes dans l'expectative alors qu'en
fin de semaine prochaine commence la formation des 160 MNS civils qui
viennent en renfort des policiers. »
Michel Sammarcelli affirme
compter sur le soutien du préfet de région Francis Idrac afin que la
situation de l'avant et de l'après-saison ne soit pas modifiée. « S'il
n'y a aucune surveillance, je prédis des morts sur les plages »,
prévient Michel Sammarcelli.
Chez les CRS, on a le sentiment «
qu'une politique a été mise en route et qu'elle sera difficile à
arrêter. » D'ores et déjà, les disparitions des postes d'Arcachon, de
La Rochelle et d'une partie de celui de Biarritz, ont été évoquées. Les
syndicats Unsa et Alliance sont montés au créneau pour plaider leur
cause et saluer « l'efficacité et le professionnalisme hors norme dans
le domaine du sauvetage » des CRS MNS déployés depuis un demi-siècle
sur les plages françaises. Pour les fonctionnaires affectés dans les
compagnies républicaines de sécurité, chargés le plus souvent du
maintien de l'ordre, les MNS constituent aussi « une vitrine pour la
police nationale ».
Source : Sud ouest 22-04-2008
Jean-Michel Desplos
|