Dragon 33 a fait sensation samedi soir sur la plage du Grand-Crohot. Cette ample libellule rouge et jaune, appareil aérien de la sécurité civile, s'est posée sur le sable ferretcapien pour que les plagistes puissent mesurer de près sa sophistication, et comprendre son utilité. Ils ont appris, par exemple, que cet hélicoptère mobilisé dans de nombreuses opérations de sauvetage trimballe toujours à son bord un médecin du Samu 33.
Cette arrivée de Dragon 33 a conclu la soirée qu'organisent chaque année CRS et MNS pour présenter leur travail : 200 à 300 plagistes ont ainsi assisté à des démonstrations de sauvetage en jet-ski, en paddle-board, etc. Les sauveteurs se sont prêtés à ces démonstrations avec énergie ; on sentait que ces chevaliers du sable ont la flamme. « On a beau être parfois épuisés, dès qu'il faut aller sur une intervention, on oublie tout et on est tout de suite à 100 %, il y a une montée d' adrénaline très forte », commentait Ismael Fadli, étudiant devenu sauveteur tout l'été.
Cette opération fut aussi l'occasion d'un premier bilan, au mitan de cet été (déjà !), concernant la sécurité des plages. Sur la commune de Lège-Cap-Ferret, « 70 personnes ont été sorties de l'eau depuis le 1er juillet, ce qui est plutôt stable », a noté Xavier Boutaud, chef des secours sur la plage du Grand-Crohot. Il a au passage adressé des remerciements appuyés au maire Michel Sammarcelli pour le soutien logistique de la commune et sa « réactivité » en cas de défection du matériel.
À l'échelle du département, le nombre d'interventions a augmenté de 30 % par rapport à juillet 2009. Deux décès par noyade ont été constatés dans des zones surveillées ou à leurs alentours : un au Porge à 1,5 kilomètre du poste de secours, le second un soir à 21 h 30 à Hourtin. Au total, « au moins » 300 personnes ont été sorties de l'eau. « Le risque reste important car les baïnes se déplacent, et les gens s'installent de plus en plus à l'écart des zones surveillées pour fuir le monde : une grande partie des interventions a lieu hors zones surveillées », a précisé le major Lotte, responsable du PC départemental des nageurs-sauveteurs CRS.
Lesquels font par ailleurs état d'une baisse du nombre d'insolations. « On sent des gens moins addicts au soleil, plus prudents, plus sensibilisés aux risques pour la peau… », a relevé Xavier Boutaud, qui a également jugé que le nombre " d'incivilités ", notamment de vols, avait tendance à baisser. En matière d'incivisme, les CRS déplorent surtout les traces laissées nuitamment sur la plage ou dans les dunes par les amateurs de camping sauvage : débris de verre, restes de feux…